Les dessous du zéro déchet

© Mllepix Photography
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Mais quel est donc ce drôle de titre, vous vous dites « ça y est, elle a retourné sa veste, qu’est-ce qui lui prend ? »

NON, je défends toujours un mode de vie et de consommation qui génère le minimum de déchets possible au risque de sacrifier certaines envies ou de passer pour une enquiquineuse. C’est une démarche qui me semble tellement cohérente, confortable au final et importante que je ne pense pas faire marche arrière un jour. 

 

La réflexion de ce billet est seulement née de l’observation autour de moi d’autres écolos en herbe qui semblent en accord avec cette pratique également.

Avant tout, je priorise le recours au bon sens et la recherche de la valeur globale de chacune de ses actions. En faisant découler le zéro déchet de ces deux principes et non en faisant découler tous ses principes du zéro déchet, cela change parfois la donne dans les choix concrets et pratiques de la vie quotidienne.

 

Dans un premier temps, revoyons rapidement les avantages et la nécessité de porter une extrême attention sur sa production de déchets:

 

1- Le constat est inquiétant: l’homme, en plus d’être la seule espèce sur Terre à produire des déchets, ne sait plus quoi en faire.

2- Les ressources s’épuisent, en particuliers les ressources fossiles. 

3- Nos déchets diffusent des matières toxiques pour toutes les formes de vie présentes sur Terre (nous compris, le paradoxe)

4- Jeter se conjugue avec un mode de vie de surconsommation qui ne profite qu’à l’abstrait et qui véhicule une image corrompue du bonheur. Cela contraste avec des populations qui n’ont absolument rien. Il faut être conscient que les ressources, cela se PARTAGE et qu’en terme de déchets, les frontières n’existent pas.

5- Economies et qualité de vie sont à gagner lorsque l’on vise le zéro déchet 

6- On intègre à sa vie le minimalisme et le désencombrement qui permettent de se tourner vers l’essentiel.

7- Cela booste l’économie locale, la solidarité, et les échanges réels entre les personnes… La base, non?

 

Alors, où se trouvent les limites de ce mode de vie ? Là où il donne trop de crédit à la nouvelle technologie ! Activons notre vigilance.

Certaines de nos actions nous semblent justes et au final risquent de grandement nous desservir. Parmi les partisans du zéro déchet, certains rendent seulement service aux agendas de nouvelles technologies qui se mettent peu à peu en place au détriment de notre petit bonheur.

 

1- Il faut savoir qu’il est plus simple de faire pousser un arbre que d’éliminer un ordinateur. 

 

Déchetterie d'ordinateurs
Déchetterie d'ordinateurs

 Le fait de rejeter le papier pour tout numériser part certes d’une bonne intention mais n’englobe pas le problème dans toute sa dimension. La folie du numérique engendre, elle aussi, beaucoup de gaspillage. Nous connaissons tous l’obsolescence programmée mise en place sur nos appareils. Ainsi, nous changeons des pièces, puis l’appareil entier, puis, il nous faut peu à peu la panoplie complète pour être à jour (portable, tablette, ordinateur de bureau, gadgets connectés…). Mais d’où sort tout ce matériel? Comment a-t-il été fabriqué? A quel prix, aux dépens de qui? Et enfin qu’en faisons-nous une fois qu’il est hors service ou simplement démodé? Pour parfaire vos connaissances dans ce domaine, je vous conseille de visionner ce documentaire: https://www.youtube.com/watch?v=w2PZQ-XprQU&t=1004s

La production raisonnée de papier semble moins problématique. Ce qui est polluant dans la fabrication du papier c’est son blanchiment. Tout le traitement que la feuille reçoit pour satisfaire l’oeil et le confort du consommateur  requiert de passer par des procédés peu écologiques. Il y aurait facilement moyen de changer nos exigences, nos habitudes. Il faut savoir également que le papier se recycle et se réutilise, même de chez vous. Un petit tuto qui vous en dira plus par ici: https://www.youtube.com/watch?v=4RFXYMySeeo

Il serait bête que les prochaines générations ne sachent plus écrire et dépendent de la machine sous prétexte qu’on a blâmé le vilain morceau de papier polluant.

 

2- Le stockage des données produit énormément d’énergie.

On tente par tous les moyens de faire des économies d’énergie, on nous scande cela régulièrement à la télé et ailleurs. Mais avez-vous déjà pensé à l’impact de vos boîtes mail, pensées « écologiques », en terme de consommation d’énergie? Des datacenters sont en fonctionnement permanent pour sauvegarder vos précieuses données en ligne. Ils se trouvent  dans d’immenses bâtiments sécurisés. La chaleur qu’ils produisent nécessite une climatisation permanente. A titre d’exemple, un datacenter a les même besoins en électricité qu’une ville de plus de 50 000 habitants… Et il y a 35 datacenters en Île-de-France à l’heure actuelle ! Cela pousse à la réflexion. Ainsi, tout ce qui n’est pas enregistré sur votre appareil mais stocké sur un serveur en ligne (newsletter, réseaux sociaux, e-mail, mots de passe enregistrés, inscriptions diverses etc…) consomme. Pensez à faire un tri régulier des données que vous laissez en ligne.

 

3- Les ondes, ces tueuses silencieuses et invisibles que l’on tolère.

Comme tout se numérise, tout devient connecté. Sous prétexte de réduire le papier, on crée des portails informatiques pour tout, on paye en ligne, nos agendas sont électroniques (même à l’école), nos compteurs sont communicants, on délaisse les cartes postales… On a troqué nos vielles (parfois mauvaises certes) habitudes contre… des ondes. 

Imaginons un instant si nous étions capables de voir ces ondes autour de nous… Cela changerait-il notre façon de les tolérer? A n’en pas douter.

Aujourd’hui on mesure très mal les conséquences qu’auront ces ondes sur notre santé et notre planète (mettez une plante verte à côté de la wi-fi ou du compteur linky, vous verrez). Ce dont on est sûr, c’est que les fréquences qu’elles émettent ne sont pas compatibles et adaptées aux fréquences naturelles du vivant. Il ne faut pas oublier que nous sommes nous-mêmes des antennes connectées au monde naturel et que nous subissons en fait constamment des interférences. Les ondes technologiques sont pulsées tandis que les nôtres - organiques - sont constantes. On ne mesure pas bien le danger potentiel de ces fantômes sur-puissants. Notre pouvoir individuel est bien moindre face à ce fléau qu’on nous impose et dont on ne nous révèle pas tout c’est certain, mais on est en mesure de refuser les Clouds, de préférer les installations filaires, et de se déconnecter volontairement à un moment choisi de la journée.

 

4- La technologie nous fait consentir à être surveillés, répertoriés, contrôlés…

Et même si on a rien à cacher on peut apprécier un peu de liberté ou la sensation d’être oubliés, non? Nous ne sommes pas des codes-barres.

 

5- La perte d’autonomie chez l’homme peut devenir une réalité.

On évoquait quelques lignes plus haut la perte de l’écriture, suite logique de la diabolisation du papier, mais ce n’est pas le seul savoir-faire que l’on met en péril en se reposant sur la technologie.

L’art intelligent de la main (le dessin, la poterie, la peinture, la calligraphie) pourrait lui aussi peu à peu s’appauvrir au profit de l’art visuel dont le design et la conception sont fortement aidés par une machine. La lecture se numérise également, est-ce que cela incite à lire toujours autant? Il y a tant d’autres divertissements sur nos tablettes que cela n’est pas sûr… La recherche se simplifie également, nous faisant survoler des étapes importantes de l’apprentissage. A la moindre question, les moteurs de recherche nous fournissent la réponse complète sur un plateau. Notre questionnement n’a  pas duré deux minutes et nous n’avons même pas cherché à trouver la réponse par nous-même que ce soit en réfléchissant, en expérimentant, en nous trompant, ou en demandant conseil à un tiers. Difficile après de nous demander de faire preuve de courage, de patience, d’imagination ou encore de sagesse.

Fort heureusement, les vrais adeptes du zéro déchet s’orientent vers le tout fait-main et peu à peu renouent avec des activités oubliées du passé telles que la couture, la conserve, la fabrication de papier, de colle, ou de peinture naturelle…

 

6- Au loin, c’est consentir au courant transhumaniste et se laisser envahir sans le réaliser par l’intelligence artificielle

 

C’est là le piège ultime qui guette l’humain s’il n’active pas sa vigilance, son bon sens et son amour. Si on revient seulement quelques années en arrière, on peut constater à quel point l’avancée technologique va vite et nous dépasse ! 

On ressent clairement à l’heure actuelle que deux catégories de personnes émergent.

 

La première consent: elle accepte les « progrès », les produits, les aliments, les habitudes qu’on lui propose, elle adhère à l’augmentation de l’homme par la machine, elle accueille avec grand enthousiasme les inventions futuristes, elle craint la mort et les microbes plus que le déclin du coeur et des ressources vitales. Elle lit l’information en surface, ne la questionne pas, ne la traite pas, n’y réfléchit pas. Elle passe plus de temps à travailler puis à se divertir qu’à rechercher une forme de bonheur, de cohérence ou suivre le chemin de son coeur.

 

© Mllepix Photography
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La deuxième se réveille: la destruction à grande échelle et l’empoisonnement global qui s’opèrent sur la Terre la met dans un état de confusion, de peine ou de révolte, elle veut comprendre, agir, changer, elle recherche les clés de son propre bonheur, elle glorifie les hautes valeurs qui font de nous des êtres sensibles (et humains), elle met ses qualités au service du monde, et abandonne le divertissement au profit de la pleine conscience de l'instant.

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En résumé, le mode de vie zéro déchet qui fait preuve d’éthique et d’une réflexion poussée est seulement la volonté d’un retour à la simplicité et d’un rejet de ce qui met la Vie en péril. En fait, tout simplement, il consisterait à réduire toutes les formes de ses déchets, pas seulement ceux visibles dans ses poubelles ménagères ( même si pour commencer, c’est déjà un très bon début.)

Revenir à la source, à l’essentiel ne signifie pas régresser ou repousser l’évolution personnelle et collective, au contraire, cela signifie renouer avec qui nous sommes réellement, s’intégrer complètement dans son environnement naturel, ne plus craindre les menaces d’extinction, de maladies, ne plus se laisser bercer dans une foule hypnotisée mais offrir toute la place à la Vie et à son authenticité. L’évolution de l’espèce humaine devrait simplement se baser sur notre capacité à survivre en régénérant l’éco-système et notre capacité à développer notre conscience et notre bienveillance plutôt que de se baser sur les exploits technologiques que nous effectuons sans les mettre au service du bien commun.

Alors, profitons de nos jardins, de nos contacts physiques, des cueillettes, prêtons-nous des bouquins, diffusons nos savoirs, jouons, rions et laissons un peu de côté ce qui génère des déchets de quelque façon… Bien sûr, cela n’est que mon avis personnel !

 

Avec joie et optimisme,

Camille

 

26 rue de l'hôtel de ville

77820 Le Châtelet-en-Brie

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