L'odorat, le sens manipulé

Le nez n’est pas qu’une protubérance du visage que l’on voudrait plus fine, plus ronde, ou plus retroussée, c’est avant tout l’écueil d’un sens précieux et oublié du conscient collectif. Partons faire sa connaissance.

 

Outre le fait qu’il nous permette de respirer (rien que ça !), on lui doit également la détection des odeurs. Nos cellules olfactives se cachent sous le plafond de notre nez, entre les deux narines, sur à peine un demi centimètre carré. Ces cellules détectent les odeurs et les font parvenir au cerveau via des influx nerveux… Nous permettant ainsi de juger si l’odeur nous plait ou non et si nous la reconnaissons.

 

L’odorat nous permet notamment de mieux apprécier les plats en détectant leurs saveurs (tous les enrhumés comprendront que ce n’est pas le moment d’aller se faire un resto gastronomique). D’ailleurs, c’est un sens qui faiblit rarement avec l’âge contrairement à la vue ou l’audition… ça donne envie de renouer avec lui, non ?

 

Si nous ne prêtons pas grande attention ou importance à ce sens, la perte de l’odorat s’avère pourtant très embêtante. D’une part car plus rien ne nous parait savoureux et, d’autre part, car on ne distingue plus des menaces banales du quotidien que l’on évite sans peine en temps normal (odeur de brûlé, de gaz, nourriture moisie ou avariée qui sont autant d’indices utiles à notre survie)

 

Reprenons l’histoire à partir du tout début.

Tandis que vous, petit foetus, vous développez sereinement dans le ventre de votre mère, votre sens olfactif est le premier à se mettre en place entre la 8eme et la 11ème semaine de grossesse. Pour autant les narines ne sont pas encore formées, elles le seront à partir du 6ème mois de la grossesse. Au 7ème mois, l’odorat se précise et s’inscrit dans les premières mémoires. La préférence de certains goûts se met en place dans la vie intra-utérine ! La maman a déjà tout intérêt à gâter son futur bébé de mets variés et savoureux.

A la naissance, le petit bébé que vous êtes reconnait immédiatement l’odeur de sa mère. C’est pourquoi vous adorez vous lover dans son cou, l’endroit où l’odeur est la mieux gardée. Vous reconnaissez également la bonne odeur du lait et bien que vos yeux soient à demi fermés et que votre vue soit immature, vous parvenez à trouver le sein de votre mère et assurer votre survie. Ces deux odeurs sont fondamentales pour le sentiment de sécurité d’un bébé, et pour gérer la peur et la douleur. Le bébé lui-même s’imprègne rapidement de ces deux odeurs pour former la sienne. 

Ainsi lorsqu’à la maternité le bébé est retiré du ventre de sa mère après quelques minutes seulement de peau à peau pour être pesé, mesuré etc, qu’il est ensuite mis en pyjama avec l’avertissement que lui enlever c’est le refroidir, qu’on lui fait prendre son premier bain à J+1 ou 2, et qu’enfin, ô misère, on le tartine de Mu***la, on le prive de ces odeurs et contacts si réconfortants et on se prive nous de la si bonne odeur des bébés à leur naissance. Première manipulation de l’odorat, ou du moins, sous-estimation !

 

Par la suite, le sens olfactif se limite essentiellement par « Mmmh ça sent bon ! » (qui conduit parfois à « ça donne faim » ) ou bien à « berk, ça pue ! » C’est assez limité et limitant.

 

Profitant de notre approche novice et contrastée des odeurs, les industriels ont pu imaginé toutes sortes de produits, soit pour couvrir les « berk ça pue » ou bien pour encourager les « Mmmmh ça sent bon ».

Premier désastre: les désodorisants en tout genre.

Que ce soit pour les voitures, les toilettes, ou simplement nos aisselles, des produits aux parfums synthétiques envahissent le marché et les foyers. Irritants et agressifs, ces parfums de synthèse imitant pauvrement des odeurs naturelles (lavande, citron, forêt…) déposent sur nous et autour de nous des nano-particules qui peuvent s’avérer cancérigènes ou allergènes. Un nez qui ne côtoie pas ces produits se sentira d’ailleurs agressé à leur contact… mais pourrait bien s’y habituer rapidement et considérer ces effluves comme étant normales, voire agréables et indispensables !

 

Concernant les déodorants, leur application dérègle le fonctionnement normal de la peau en l’empêchant de transpirer (=respirer) et d’éliminer les toxines. Résultat: la mauvaise odeur devient une réalité le jour où l’on s’en passe car le corps élimine toutes les toxines et ne sait plus comment fonctionner. Ainsi, l’usage du déo devient inévitable , quotidien, habituel après le moindre effort ou coup de stress.

Tout cela est une autre manipulation de l’odorat. En effet, on ne se questionne plus sur les mauvaises odeurs. D’où proviennes-elles? Sont-elle le résultat de saleté, de moisissures, de bactéries? Mon hygiène, mon alimentation, mon état de santé y sont-ils pour quelque chose? Ai-je laissé trainer quelque chose quelque part? Plutôt que d’étudier les pistes, on les brouille en masquant les odeurs, entretenant l’illusion de la propreté et ne permettant plus à son nez de disséquer les odeurs organiques.

 

Au sujet de l’illusion de la propreté, étudions à présent rapidement l’évolution de la parfumerie.

Les peuples antiques prenaient grand soin de leur corps. Bains, onguents, soins, parfums, maquillage… Il se chouchoutaient et combinaient hygiène et plaisir.

Mais si les bains étaient populaires lors de temps plus anciens, ils furent délaissés pendant la Renaissance car les hommes pensaient que l’eau était vecteur de maladies et les transmettait au corps en s’infiltrant par les pores. Il entre alors dans les moeurs qu’il vaut mieux ne pas se laver mais se parfumer. Les parfums deviennent donc des « recouvre-crasse » réservés aux riches.

A l’origine, la parfumerie est un art noble. Les parfumeurs utilisent des alambic pour distiller des plantes et obtenir des arômes naturels précieux. Le livre « Le Parfum » de Patrick Süskind nous fait d’ailleurs plonger dans ce monde fabuleux et les odeurs se succèdent à chaque page.

Qu’en reste-il aujourd’hui? La parfumerie est majoritairement une industrie écrasante, rares sont les créateurs indépendants qui n’utilisent que des matières nobles et naturelles pour créer leur parfum. Aujourd’hui, on recense à environ 3000 le nombre de produits chimiques qui servent à élaborer les parfums standards. Les recettes étant tenues secrètes, il est extrêmement difficile voire impossible de savoir ce qui les compose. Les grands créateurs sont donc ainsi protégés car leurs produits ne peuvent pas être décriés par le consommateur qui commence à savoir déchiffrer les étiquettes des cosmétiques. Ce que l’on sait, c’est que des substances extrêmement toxiques telles que benzène ou formaldéhyde sont contenues dans les parfums. Elles peuvent mener à des allergies ou des cancers.

Autre point que l’on peut soulever: la standardisation des odeurs. Aujourd’hui ce n’est plus une personne que l’on sent, c’est un parfum. Les gens qui se parfument partagent leur odeur avec des milliers d’autres (Imaginez l’impact que cela peut avoir dans les relations amoureuses par exemple, si tel ou tel parfum est associé à une bonne ou à une mauvaise personne). C’est à l’image de notre façon de vivre actuelle: on se met dans une case. C’est la encore une manipulation de ce sens négligé.

 

Chacun possède sa carte d’identité olfactive, contribuant à faire de lui ce qu’il est. Si chacun assumait son odeur, il est fort probable que les mises en couple ou le choix des amitiés soient beaucoup plus faciles et durables car nous nous fieront à notre flair/instinct et à nos affinités olfactives qui sont en réalité très importantes dans nos relations.

 

Enfin, la manipulation est complètement assumée du côté de ceux qui font du marketing. Attention, place au marketing sensoriel et plus spécifiquement au marketing olfactif !

Le marketing visuel est présent partout et à priori vous en êtes conscients. Lorsqu’une promo est affichée en rouge vif et caractères gras, on a tous bien compris que cela attirait notre regard et stimulait  un peu d’adrénaline dans notre cerveau pouvant à terme nous pousser à l’achat (merci la couleur rouge). Notre regard est sans cesse alpagué par des publicités en tout genre.

Le marketing olfactif est plus perfide car on le détecte beaucoup moins bien. Par exemple, si vous passez en voiture devant un mc donald’s et que ça sent la frite vous vous dites simplement: « mmmh ça sent bon la frite ! d’ailleurs il est presque midi et j’ai un peu faim ». Idem dans les gares parisiennes qui sentent délicieusement bon le pain au chocolat. Vous imaginez en toute bonne foi que ce sont leurs produits qui dégagent ces odeurs gourmandes si reconnaissables. Détrompez-vous ! Pour avoir une telle ampleur, ces odeurs ne sont pas naturelles. Des diffuseurs sont placés ça et là pour vous poussez subtilement à la consommation. Egalement, certaines marques de vêtements utilisent le marketing olfactif pour renforcer leur identité et séduire le client. La boutique et les vêtements neufs sont imbibés de leur parfum. Lorsque le client est adepte de l’univers et s’identifie à la marque, il ressort non seulement avec de nouveaux habits mais aussi parfois avec le flacon du parfum tant apprécié.

Ci dessous voici une étude très parlante réalisée par Air Berger:

 

 

 

Alors, pouvons-nous envisager de renouer avec notre sens de l’odorat et lui donner plus d’importance, plus de responsabilité, plus de liberté ? Quelques conseils pour utiliser son nez en conscience:

 

  • Quelques minutes par jour, prêtez intention à votre respiration. Inspirez en visualisant l’air qui s’introduit dans vos narines et vos poumons, analysez les odeurs que vous percevez. Puis, expirez par le nez en visualisant l’air qui se répand en vous et hors vous.
  • Humez vos plats avant de les consommer et prenez le temps d’apprécier leur arôme, d’identifier ceux que vous reconnaissez, tentez de devinez tous les ingrédients de la recette
  •  Marchez pieds nus dans la nature. L’odorat est relié au chakra racine, stimulez-le en vous connectant à la Terre
  •  Apprenez à reconnaitre et appréciez vos odeurs et celles de vos proches. Rééquilibrez les odeurs naturellement avec une meilleure alimentation, une meilleure hygiène ou des huiles essentielles
  • Diffusez des huiles essentielles* dans votre maison et prenez le temps de les apprécier
  •  Baladez-vous régulièrement dans des endroits où la nature est fraîche et odorante
  •  Cultivez des fleurs ou des plantes aromatiques et traitez-les avec amour.
  •  Proposez des jeux olfactif de découverte à vos enfants

 

A vous de jouer !

Camille

 

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sources:

http://plusmagazine.levif.be/sante/l-odorat-un-sens-indispensable/article-normal-459449.html

http://lemondeetnous.cafe-sciences.org/2013/07/le-pouvoir-de-lodeur-dune-maman/

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/0_12_mois/developpement/fiche.aspx?doc=naitre-grandir-developpement-sens-odorat

https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/geographie-grasse-ville-parfums-818/page/5/

https://www.expertinbox.com/2013/02/01/marketing-sensoriel-quand-les-marques-charment-vos-5-sens/

 

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