Vers une économie nouvelle ?

© Camille Buisson
© Camille Buisson

Parlons ca$h !

 

Travailler... un concept humain bien étrange lorsqu'on le considère avec un peu de hauteur.

Imaginez observer la Terre tel un scientifique observe un échantillon inconnu au microscope. 

Vous remarquerez la végétation extraordinaire, puissante, verdoyante, capable de se régénérer à la fin d'un cycle. 

Vous verrez des animaux sauvages en train de se prélasser, jouer ou subvenir à leur besoins vitaux/survie. Vous y apercevrez une multitudes d'insectes, en colonie, en train de collaborer, créer, se rendre utile au service du confort commun et du bien le plus précieux, la vie. 

Enfin, vous tomberez sur l'homme moderne. Et là, qu'allez-vous penser ?

Vous le verrez se débattre dans les méandres encombrants de ses pensées tournées vers le passé ou le futur, vous l'entendrez se plaindre, vous le sentirez souffrir, vous le verrez courir... non pas d’une saine folie ou de plaisir mais derrière un bus, un achat compulsif, le temps... il est comme une turbine qui produit une énergie folle pour simplement la gaspiller, car il la met au service du futile, de la frustration et de l’éphémère, sans comprendre la vraie valeur de cette énergie qu’il produit. 

© Mllepix Photography
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Ainsi donc, la plupart des humains modernes se battent avec leur montre et leur concept du temps a pris toute la place dans leur existence. Il nourrissent un géant sans âme et invisible, l'argent. Pour cela, ils doivent travailler. Certains ont des professions concrètes et indispensables: ils créent les ressources vitales ou au moins nécessaires au bien-être de leur espèce, ils donnent du sens à l’existence. Mais beaucoup d'autres mettent tout le temps dont ils disposent au service d'entités sans âme (= grosses boîtes par exemple). Ils créent de la monnaie, font fleurirent un business mais ne savent pas exactement pour quoi, pour qui. Ils sont un pion dans l’immense échiquier et sont guère récompensés de tous leurs efforts journaliers.

 

Les business prennent bien des formes et parfois il semble incroyable de pouvoir occuper autant de monde et de créer autant de monnaie avec certaines activités. 

Combien de millions d'euros se dirigent dans la poche des assurances parce qu'on nourrit la peur de ? Combien de millions d'euros dans le milieu du football ? Et toutes ses firmes qui nous empoisonnent en toute légalité et qui ont encore de beaux jours devant elles ? Tous ces gadgets qui divertissent et abrutissent mais rendent riches leur inventeur peu scrupuleux ? Tandis que d’autres peinent à gagner correctement leur vie en défendant une agriculture biologique, en enseignant aux enfants ou en sauvant des vies ?

N'y a-t-il pas comme des incohérences ?

 

Les journées se remplissent d'un travail qui ne trouve pas vraiment de sens aux yeux de celui qui l'exécute. Le peu de temps qui reste est gâché, empoisonné, dicté par ceux qui détiennent les lingots du dieu argent. 

À côté de cela, on s'inquiète. On s'inquiète pour la planète, pour les ressources qui n'existent plus, pour l'avenir de nos enfants qui sont de toute façon déjà bien occupés à être des produits de consommation, on s'inquiète pour sa santé, pour ce corps que l'on ne connaît plus, que l'on ne maîtrise plus, on s’inquiète simplement du prochain mois à venir. Quand l’inquiétude devient trop encombrante, on s’anesthésie à petit feu car on ne veut pas culpabiliser ou lever le voile sur la vérité. Le bonheur, un mirage ou une énergie en voie de disparition ? Combien d’entre nous y ont renoncé ? Moi pas, en tout cas !

 

Dans ce brouillard, certains s'éveillent. Ils ne veulent plus vivre pour travailler ou travailler pour "vivre" peu importe dans quel sens on formule cette phrase. Ils veulent donner du sens à leurs actions quotidienne, profiter de cette merveilleuse vie, la rentabiliser mais d'une manière où l'argent est sans recours. 

 

Ainsi, ils se mettent à produire de l'utile, à redonner de la vraie information, à s'affranchir peu à peu des contraintes accablantes de la vie en société telle qu'elle est actuellement. 

 

© Mllepix Potography
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La sortie du brouillard, j'ai souhaité la vivre il y a deux ans environ. 

J'étais enseignante, le plus beau des métiers et pourtant tout me semblait vide et superficiel. Les enseignements que nous dispensions, bien que stimulateurs de l'intellect, ne présentent au final que peu d'intérêt pour l'individu et le bien commun. A l’image de la génération zapping, on apprend quelque chose, on fait une évaluation et hop on passe à autre chose ! Notre public, la jeunesse, est guère intéressée par ce qu'on vient leur raconter chaque matin, le programme. Une partie est blasée voire larguée et très carencée d'un point de vue intellectuel, l'autre est déconnectée (car sur-connectée à l'intelligence artificielle). Bien sûr dans le lot on trouve certains élèves curieux, insatiables, incroyables, qui finissent par s'ennuyer dans cette zone cadrée, cet entourage pollué et inerte. On les prépare tranquillement au travail. Pas à la vie. 

 

De fonctionnaire de l'état je passe du coup dans la case des entrepreneurs. Douce sensation de liberté ( malgré la sentence administrative !). 

 

Je nage à contre-courant mais finalement j'ai l'impression de nager dans le bon sens, d'ailleurs je vois autour de moi de plus en plus de personnes qui nagent dans cette direction. Les entrepreneurs fleurissent. Ils veulent œuvrer en faveur de la Terre, du bien-être, du bonheur (oh, joie !). Si chacun osait être heureux le monde de demain serait bien différent, ne croyez-vous pas? C'est ce que toutes ces professions alternatives émergentes sont venues vous dire. Attention, il y a une épidémie de bonne volonté actuellement. Ne vous approchez pas trop près si vous craignez le changement... 

 

Pour autant tout n'est pas si rose dans ce monde des bienveillants professionnels. Évidemment, le dieu argent est toujours là et s'alimente toujours essentiellement des mêmes choses: ce qui divertit, ce qui empoisonne. Il n'est pas très intéressé pour l'instant par ce qui construit et préserve le long terme de manière hautement positive. 

 

Il faut que cela change ! Quand je vois tous les avertissements que l'on reçoit de la part des experts comptables au moment d'une création de société éthique... il y a de quoi prendre les jambes à son cou et revenir dans la fonction publique. Je serai mieux reçue avec un projet de vente à domicile de Coca Cola et de pailles en plastique à l'égérie de Pokémon qu'avec mes activités actuelles et à venir. 

 

© Mllepix Photography
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Pour le bien-être des individus comme vous et moi (qui m’importe bien plus que le bien-être des entreprises sans éthique au chiffre d’affaire affolant), l’économie actuelle doit se transformer et ascensionner vers une économie nouvelle, où chacun peut jouir des richesses et ressources de ce monde, vivre avec ce qu’il faut pour vivre et sourire, faire ce qu’il aime et aimer ce qu’il fait.

 

C’est là qu’il faut user de notre pouvoir de consommateur (berk, vilain mot, triste étiquette !). J’en parlais déjà dans l’article Je vote tous les jours.

 

Pour mettre en place cette nouvelle économie, commençons par intégrer et appliquer certaines choses:

 

1- Qualité prime sur quantité. Le corps n'est pas une poubelle à saturer de discount. C'est un véhicule sacré qui a besoin d'un nectar approprié ou il deviendra un fardeau tôt ou tard. Oui, la qualité a un prix, mais vous économiserez ailleurs.

 

2- Faire moins, faire mieux. Le temps LIBRE est précieux. Remplissons-le de moments utiles, doux, constructifs. Investissons-le au profit d'un demain heureux ou de notre épanouissement personnel.

 

3- Les enfants sont les adultes de demain. Ils ont déjà sur leurs frêles épaules le lourd héritage laissé par les générations précédentes. Laissons-leur leur innocence, leur santé, leurs intuitions. Traitons-les avec patience et respect. Mettre du m*****a sur les fesses de son bébé sous prétexte que ça sent bon ou offrir une sucette à son bambin sous prétexte que ça lui fait plaisir ne constitue en rien à un cadeau.

 

4- Soutenons, avec nos achats, les artisans locaux, les petits producteurs, les sociétés à petite échelle, tous ces travailleurs de bonne volonté qui se battent pour maintenir nos libertés ou nos plaisirs authentiques sans nuire.

 

5- Se taire c’est laisser faire, se plaindre aussi ! Faisons, simplement, et cessons de croire que c’est impossible.

 

Bien à vous,

 

Camille

 

Note 1: Pour m'aider à aller au bout et soutenir les initiatives de Youman, vous pouvez faire un geste ! Une cagnotte est mise en place par ici. De tout coeur, MERCI

 

Note 2: Les photos et les récits de vie de Mllepix Photography sont vraiment extraordinaires. Voyagez avec elle et lisez ces aventures sur son site.

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